Arme singulière, le missile nucléaire français touche au but quand il reste au silo. La menace du pire (tuer beaucoup de civils) permet de dissuader l’ennemi de le déclencher d’abord à notre endroit. Or, la dissuasion nucléaire française nous protège d’abord parce qu’elle est crédible. Il faut que l’ordre de déclencher l’apocalypse – le jour où il viendra – soit exécuté rapidement, pour qu’il n’ait jamais à être donné. D’où le paradoxe : comment la menace de commettre un acte apparemment injustifiable peut-elle se justifier ?
Cette conférence sera donnée par Julien Auriach, professeur agrégé de philosophie, dans le cadre du cycle « La guerre ».