La fin de vie hante notre société et nous craignons de parler de la mort, souhaitant que les techniques médicales puissent nous délivrer du problème ; mais en prolongeant la vie, celles-ci attisent plutôt les paradoxes, offrant même la tentation d’anticiper la mort pour en abolir la souffrance. Dans l’ancienne tradition chrétienne, la bonne mort – eu-thanatos en grec – supposait une préparation et des rites de passage ; mais qu’y a-t-il à préparer quand on ne croit plus à l’au-delà et que l’on a pris l’habitude de repousser toute limite ? La bonne mort n’est-elle pas celle qui n’entame pas la vie avant l’heure, celle qui nous épargne de souffrir ? Et puisque la mort est inévitable, faut-il souhaiter qu’elle arrive à l’improviste, voire la provoquer avant qu’elle n’affecte notre autonomie ? Ou bien y a-t-il, dans l’expérience d’avoir à mourir, et d’en ressentir les prémices, une leçon de vie ?
Cette conférence sera donnée par Arthur Craplet, agrégé de philosophie, dans le cadre du cycle « 10 questions de philo ».