Mémoire et exil

« Ainsi la première chose que la peste apporta à nos concitoyens fut l’exil (…) Oui c’était bien ce sentiment de l’exil que ce creux que nous portions constamment en nous, cette émotion précise, le désir déraisonnable de revenir en arrière ou au contraire de presser la marche du temps, ces flèches brulantes de la mémoire (…) Nos concitoyens éprouvaient ainsi la souffrance profonde de tous les exilés, qui est de vivre avec une mémoire qui ne sert à rien ». C’est ainsi que Camus décrit les premières humeurs de découragement qui gagnent les habitants d’Oran dans La Peste. L’exil rendrait la mémoire vaine, inutile, et dans son inutilité, douloureuse. La mémoire trouverait ainsi sa fécondité dans le lien vivant à l’espace et au temps dont elle est la mémoire.

Mais si elle est douloureuse, la mémoire des exilés fait aussi leur attachement à un sol, à une histoire, à une culture qui vivent encore en eux ; n’est-ce pas par ce lien que leur exil n’est pas fatalement une errance ?

Le cycle que nous vous proposons, né de la rencontre entre le Camp des Milles, haut lieu de la déportation, et le Collège Supérieur, veut s’employer à explorer ce qui se tisse entre l’exil et la mémoire, ce qui se joue de drame et d’appel à la vie dans le moment de leur rencontre.

 

Un cycle en partenariat avec

 
Au Collège Supérieur, les jeudis de 20h à 21h30 et une visite-conférence au Camp des Milles