Alain Finkielkraut reçoit Alice Mennesson, professeure de philosophie au lycée Victor Duruy à Paris, et Pascal David, philosophe, chargé d’enseignement à la faculté de philosophie de l’Université catholique de Lyon, essayiste, auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la pensée de Simone Weil — dont deux récentes publications : Ecrire la philosophie à partir du terrain : le cas Simone Weil, dans Manifeste pour une philosophie de terrain (éd. Universitaires de Dijon/Vrin) ; Simone Weil, philosophe antimoderne ? (dans les Cahiers philosophiques/Vrin).

« Nous sommes enracinés dans des milieux » (P. David)
« Nous sommes enracinés dans des milieux, et de ces milieux, nous recevons, comme dit Simone Weil, la presque totalité de notre vie morale, intellectuelle et spirituelle, nous sommes nourris par ces milieux. Qu’est-ce qu’un milieu ? Un milieu est une collectivité, un ensemble d’êtres humains qui entretiennent entre eux des rapports organisés. Mais c’est une collectivité qui conserve vivants des trésors du passé. C’est-à-dire que cette nourriture, nous la recevons parce qu’elle nous est transmise d’un passé, des trésors du passé et un pressentiment d’avenir. C’est cela que nous donne un milieu. Ce concept de milieu me semble très important aujourd’hui, parce que c’est un concept qui ne passe pas par l’opposition entre nature et culture. Le milieu est tout aussi bien culturel que naturel. » Pascal David