ANNULÉE / "Le Roi mélancolique, la légende de René Vietto" (projection)

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Projection du film documentaire en présence du réalisateur

avec Julien Camy, réalisateur et Bernard Thévenet, deux fois vainqueur du Tour de France, Directeur du Critérium du Dauphiné

Par leur tonalité dépressive les œuvres de Soren Kierkegaard (« Crainte et tremblements » « La répétition » ...) font écho à deux siècles d’écart, à la figure de René VIETTO (1914-1988). Ce champion cycliste d’exception doit en effet son titre de Roi  aux épreuves hors norme qu’il a endurées à la poursuite d’un Tour de France, toujours promis et jamais conquis.

Avec Vietto le sport ne sera pas une philosophie tout à fait comme une autre, à l’image du contexte international troublé de l’époque. Les métaphores guerrières envahissent les routes du Tour de France dès ses  débuts. La fameuse expression « Les forçats de la route » d’Albert Londres désignait en 1924 des héros sacrifiés sur l’autel de la souffrance.
Plus tard Georges Pérec associera le double récit d’une enfance d’enfant juif réfugié dans le Vercors à la barbarie de l’île olympique à peine imaginaire dénommée «  W » ( W de « Winners ») quand les sombres exactions nazies utilisaient réellement le sport pour sélectionner les déportés au four crématoire.

Avec ce roi René la saga cycliste se fera chemin de croix avant Bartali dit « Gino le pieux », la rédemption étant promise sur la ligne d’arrivée comme chez St Paul.  Depuis ses origines l’idée de la mort rodait  autour du sport au point qu’elle a fini par s’identifier  à des figures célèbres pour en faire des mythes.

Une philosophie de la fatalité malmène quelque peu l’optimisme sportif souvent magnifié par l’exploit. Nous sommes parmi le suiveurs d’ une course où Kierkegaard n’est jamais  loin des roues de René Vietto quand le grimpeur  gravit la Casse Déserte avant le  sommet d’un mont maudit, l’Izoard : celui  qui  sacre ou fracasse les légendes…

 

Lieu: Le Collège Supérieur - 17 rue Mazagran - 69007 Lyon

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